L’art de manipuler le joueur – Doki Doki Literature Club!

L’art de manipuler le joueur – Doki Doki Literature Club!

2018-05-22 0 Par Mellow

Les visual novel ne sont pas des pépites de Gameplay. Le principe est simple : on incarne un personnage qui rencontre d’autres personnages de façon scriptée. Tout est prévisible. Et c’est dans ce côté si inattendu que Doki Doki Literature Club a finalement su tirer son épingle du jeu.

Je vais devoir raconter des éléments clé de l’intrigue du jeu. Cet article est donc destiné à ceux connaissant déjà le jeu ou qui ne comptent jamais y jouer.
Car oui la force de DDLC est sa capacité à utiliser le joueur pour l’emmener là où le jeu souhaite qu’il aille.

L’histoire commence lors d’une journée banale ou nous somme forcés par notre amie d’enfance Sayori à passer du temps dans le club de littérature dont elle fait partie.
On rencontre alors Monika, la meneuse du groupe, Yuri, l’intellectuelle introvertie qui cristallise la noirceur des œuvres et Natsuki, qui elle, aime les choses simples et agréables.

Des personnages très clichés en soit. Yuri est la Yandere par excellence et Natsuki la Tsundere de base.
On apprend au fur et à mesure à connaître les personnes, leur caractère, leurs goûts, et finalement on choisit celle qu’on préfère pour commencer à « flirter » avec.

C’est alors que l’engrenage se met en branle et que tout dérape. Sayori vous révèle être dépressive et amoureuse de vous. Vous avez le choix de lui dire que vous l’aimez ou de la Friendzone.
Et peut importe vos choix, ça fini mal…

Le jour du grand festival du lycée arrive et vous allez chercher Sayori chez elle. Mais tout ce que vous trouverez en arrivant dans sa chambre, c’est votre amoureuse/amie pendue à son lustre.

Personne n’était prêt à vivre ça en jouant au jeu.

 

C’est alors qu’on comprend que le jeu joue avec nous. Et que quelques soient les choix, Sayori doit mourir.
Mais étrangement le jeu redémarre tout seul en enlevant Sayori du système, comme si il était corrompu.

Vous revenez alors en arrière, au début de votre aventure comme si rien ne s’était passé. Mais, sans Sayori.

C’est Monika qui vous intègre dans le club. Et on se rend vite compte que cette dernière semble en savoir plus qu’elle ne le devrait.

 

Le jeu commence à devenir fou. Des phrases écrites avec des symboles incompréhensibles remplacent certaines phrases. Les textures des personnages éclatent et se reforment instantanément. Et par dessus tout le comportement de Yuri est détérioré. Elle devient tout simplement folle.
Elle se mutilera en pensant à vous et tout un tas de choses assez désagréable à voir dans le jeu. De quoi vous mettre bien mal à l’aise.

Elle finit par vous avouer ses sentiments. Vous avez à nouveau le choix de lui dire oui ou non.
Mais peu importe votre réponse, elle se tue avec son couteau. Encore une fois on assiste de façon impuissante à la mort d’un des protagonistes.
Monika apparaît après cela et finit par faire apparaître une console de commande. Elle supprime Yuri et Natsuki du jeu. On comprend alors que tout est de la faute de Monika.

On entre alors dans la phase appelée le « Just Monika ». Elle vous révèle avoir joué avec les fichiers du jeu, vous appelant par votre vrai prénom alors que vous ne le lui avez jamais dit. Ou alors elle s’adresse à votre live si vous streamez en même temps. Vraiment flippant.

C’est tout l’art de DDLC. Monika sait qu’elle est dans un jeu, mais elle semble être amoureuse de vous qui êtes derrière l’écran. Elle avoue avoir rendu Yuri plus folle que prévu. Et avoir abuser le côté dépressive de Sayori. Le but étant de les tuer.

On reste alors bloqué dans ce monde. Seul avec Monika. On décide alors d’ouvrir les fichiers du jeu et de la supprimer. Le jeu se relance et le « fantome de Monika » vous dit qu’elle est désolée. Elle replace alors les fichiers des personnages dans le jeu. Yuri et Sayori sont alors bien présente, et vous pouvez recommencer l’histoire comme si de rien était. Cette fois sans Monika.

Sayori est alors chef du club. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais encore une fois le jeu se joue de vous. Sayori adopte alors le même comportement que Monika et commence à vous parler à vous, le joueur.
Monika intervient alors (sûrement depuis la corbeille où vous l’avez laissé), elle jure de vous protéger de ce monde affreux et détruit un à un les fichiers du jeu en chantant pour vous.

(fan art par Sasoura)

DDLC a joué avec vos attentes. Vous qui étiez prêts pour vivre une aventure amoureuse banale. Vous voila alors piégé par le jeu lui même. C’est beau de voir que l’équipe derrière tout ça a su jouer avec les codes du genre et les attentes des joueurs. C’est l’inattendu qui finit par vous prendre aux tripes et à vous faire vivre une aventure si étrange qu’elle finit par vous marquer. Comme si vous veniez de rencontrer quelqu’un qui vous a confié un secret incroyable. La vie n’est pas un jeu vidéo, et le jeu n’est qu’une création de l’homme. C’est ce que Monika nous fait comprendre. Elle qui est faite pour dépasser son cadre de simple personnage de jeu devient alors une icône de ce que le monde du jeu vidéo fait de plus surprenant : l’inattendu.